chapitre 8 de mon 3ème roman

 Qu'en pensez-vous?

8

 

 

 

L'hôtel de police était en ébullition maximum. Le commissaire Fromentin était d'une humeur de chien enragé, et vilipendait toute agent qui osait bouger un cil ! Tous aux abris ! Sauf moi bien sûr qu'il venait juste de convoquer dans son bureau par l'intermédiaire de Georges sur un ton qui ne souffrait aucune illusion sur la teneur de notre prochaine conversation.

Je débarquais donc dans son bureau, convaincue que j’allais passer un sale quart d’heure, ce qui ne m’empêcha d’afficher un sourire provocateur en pénétrant énergiquement dans son bureau. Après tout je n’avais rien à me reprocher. L’équipe que j’avais mobilisée ne ménageait pas sa peine, et nous avions affaire à un assassin très très malin.

Alors Telier, je suis curieux d'entendre de votre propre bouche les raisons pour lesquelles j'ai le proc et le maire sur le dos quatre fois par jour. Et vous savez aussi bien que moi que ce ne sont pas des tendres ! Ils veulent ma tête ces deux-là depuis un bon moment et ils font tout pour me prendre à défaut !

Je pense que vous exagérez Monsieur. A ce qu’on m’a dit de vous à mon arrivée, vos états de service sont reconnus en haut lieu, et les hommes vous considèrent comme indéboulonnable !

Ah non pas de flatterie déplacée ! Faites-moi plutôt un résumé de la situation.

Et bien autant vous le dire tout de suite, ce n'est pas brillant brillant du tout. Trois cadavres de jeune femme d'environ la trentaine sur les bras. Elles sont toutes grandes, blondes, cheveux longs, taille mannequin. Mais leur ressemblance physique n'est pas leur seul point commun. Les trois victimes ont été retrouvées dans le centre-ville ou à proximité. Les corps ont été complètement dénudés. Elles ont été étranglées avec un bas en nylon et leur visage a été minutieusement lacéré avec un couteau. La façon de les balafrer sauvagement est identique. Mais ce n'est pas tout, chacune d'elles avait absorbé pas mal d'alcool, suffisamment pour être ivres. Elles avaient peut-être passé la soirée en boîte ou dans un bar. On creuse cette piste.

Et quels sont les indices disponibles ?

C'est la grosse merde en réalité si je puis me permettre. Aucune identité pour aucune des victimes. A croire qu’elles ont débarqué de la lune. Aucun témoin, aucun indice non plus. La police scientifique a balayé les scènes de crime au peigne fin sans succès. On a juste retrouvé une empreinte sur le dernier corps, mais celle-ci est tellement floue que l'optimisme des experts est voisin de zéro. Sophie Lermier les a baptisées. C’est la façon qu’ont les légistes de communiquer avec les victimes inconnues qu’ils découpent outrageusement. Ils leur inventent une histoire en fonction des indices qu’ils découvrent…

OK, mais revenons aux faits. Ce n'est pas gagné manifestement. Ce détraqué nous donne du fil à retordre. Ecoutez Telier, vous avez entièrement carte blanche sur cette affaire. Mettez-y tous les moyens supplémentaires que vous estimerez nécessaires. Si vous avez besoin de soutien auprès des autres commandants dîtes-le moi. Il faut absolument arrêter ce salopard avant qu'il n'assassine une quatrième personne. Je ne vous retiens pas, exécution !

Il avait crié tellement fort que mes pauvres tympans s'en souviendraient longtemps. Sur le fond il avait dix-mille fois raison. Il fallait stopper le meurtrier avant que la panique ne s'empare de la ville. J'étais même étonnée que la presse soit restée plutôt discrète sur cette série noire. Elle avait dû être bien muselée en haut lieu.

Un accès de désespoir s'empara de nous, lorsque Sophie Lermier nous confirma ce que nous craignions tous, à savoir que l'empreinte laissée sur le troisième cadavre était inexploitable. Elle avait l'air profondément accablée lorsqu'elle m'avait annoncée sa déception au téléphone :

Je suis désolée Emma, je suis obligée de jeter l'éponge côté indices. Une chose est sûre, notre homme est bigrement intelligent. Vous n'avez pas affaire à un tueur ordinaire. Celui-ci prépare méticuleusement ses agressions. Ce n'est pas un instinctif. Cela doit faire des jours et des jours qu'il mijote ses coups.

Merci quand même Sophie. Je dois vous avouer que les interrogatoires menés à la sortie des bars et des boîtes ne donnent pas grand-chose non plus. C'est donc un retour à la case départ.

Ne soyez pas si défaitiste. Un serial killer finit toujours par commettre une erreur.

Vous le croyez vraiment ? Rappelez-vous l'affaire du « Zodiaque » aux Etats-Unis... Des meurtres à la pelle, jamais élucidés.

Si bien sûr, mais cela reste exceptionnel. Bon courage et tenez- moi au courant des avancées de votre enquête.

Rien ne nous dit que cette ordure ne va pas frapper de nouveau. Toutes les mesures de précaution ont été prises au coeur de la ville. Mais toutes les forces déployées autour des endroits stratégiques ne seront peut-être pas suffisantes. Dans cette hypothèse nous serons amenées à nous revoir très rapidement hélas.

Nous en restâmes sur ces propos de découragement. Sophie était arrivée au bout de ses investigations et ne pouvait plus grand-chose pour faire avancer les enquêtes. De mon côté je devais tout reprendre à zéro avec l’équipe. J’allais devoir puiser dans mes réserves d’énergie pour surmonter la fatigue, le stress. J’espérais de tout cœur que le sursaut de Maxime allait se prolonger dans la durée. J’avais bien besoin d’un peu de tranquillité de ce côté-là pour accomplir ma mission : arrêter la pourriture qui sévissait en ville.

Un nouvel espoir s’était glissé en moi lorsqu’il m’avait fièrement annoncé qu’il avait l’intention d’acheter sa carte d’inscription au club de randonnée pédestre. Adepte de la marche dominicale lorsqu’il était au mieux de sa forme, Max avait renoncé très vite à cette activité lorsque les premières angoisses liées à de la dépression était apparues. Sa faiblesse physique, sa peur des autres l’avaient rendu peu à peu incapable de conserver une vie sociale normale.

Je priais, lorsque j’en avais l’occasion, afin que quelqu’un là-haut l’aide à concrétiser son projet et à retrouver le chemin des efforts récompensés…

 

 

 

 

Sous-pages
Noter cette page

7/10 sur 1 vote

Sélectionnez une note dans le menu déroulant.
Commentaire (1)

1. Edith Leucob Le 21/11/2008 à 13:18

Envoyer un e-mail à Edith Leucob
je viens de lire les grosses miettes de votre histoire que vous nous avez gentiment jetées en pature. Cela m'a bien plu et j'ai envie d'en connaitre un peu plus de vos personnages, et bien sûr apprendre l'identité de l'assassin.
A quand la sortie du livre?
Bonne continuation
Edith
Ajouter un commentaire
Vous

Votre message

Plus de smileys

Champ de sécurité

Veuillez recopier les caractères de l'image :



Dernière mise à jour de cette page le 17/11/2008

Créer un site internet gratuit avec E-monsite.com - Signaler un contenu illicite - Voir d'autres sites dans la catégorie Littérature
Videos Droles - Clips musique - Cours création de site web